Pourquoi l'EMDR ?

L’EMDR est une thérapie appartenant aux neuro-sciences découverte en 1987 aux États-Unis par Francine Shapiro. Le bon équilibre de notre vie psychique est la résultante d’un échange actif entre nos deux cerveaux. Le cerveau cognitif, conscient, rationnel, tourné vers le monde extérieur et le cerveau émotionnel, inconscient, avant tout connecté au corps.

Le cerveau cognitif ou néocortex est notre cerveau rationnel. Celui qui nous permet de nous exprimer par le langage – comme c’est le cas en thérapie verbale classique –, de nous concentrer, de contrôler nos relations sociales, de décider de nos actions

Le cerveau émotionnel est composé d’un tissu neuronal différent de celui du cerveau cortical. Ses structures dites « limbiques » sont en charge des émotions et des réactions de survie. C’est lui qui s’active en cas de peur. C’est le cerveau le plus ancien. Il est un « cerveau à l’intérieur du cerveau ». Le langage et la cognition n’ont sur lui qu’une influence limitée. Ainsi face à un grand danger, la personne peut se trouver en état de sidération, incapable de crier ou de se défendre.

En cas de stress ou de situations émotionnelles graves, c’est le cerveau émotionnel et plus précisément la région de l’amygdale qui entre en action. L’amygdale sécrète alors des hormones dont le but est de préparer le corps au combat ou à la fuite. Le cortex préfrontal se trouve alors désactivé. C’est ce qui explique la difficulté chez les personnes dépressives à pouvoir se projeter dans des décisions et des actions, de pouvoir se concentrer et raisonner.

Les différentes mémoires

Qui est concerné ?

Toute personne ressentant des dysfonctionnements émotionnels liés à des traumatismes psychologiques.

Ceux-ci peuvent être graves : viol, violences familiales, accident de voiture, tortures, catastrophes naturelles (tsunami, tremblement de terre…) ou plus mineures (une bagarre dans la cour d’école, une mésentente entre collègues) mais parce que le seuil émotionnel s’en est trouvé élevé, la personne n’a pu dépasser l’incident traumatique qui reste ainsi gravé dans le noyau dur de son cerveau. Aussi dans chaque situation future de sa vie faisant écho avec l’incident initial remontera un cortège d’émotions, de peur, d’inhibition voire d’attaques de panique ou de phobies. Le cerveau reste inondé par le traumatisme, bloqué sur l’évènement et « n’arrive pas à traiter les informations comme il le fait ordinairement ».

L’EMDR va permettre de restaurer le traitement de l’information concernant un évènement traumatique précis, libérant ainsi le sujet de la situation de blocage dans laquelle il se trouve, parfois sans le savoir.

Déroulement d'une séance d'EMDR

La pratique de l’EMDR est précédée d’un ou plusieurs entretiens au cours desquels le patient déroule son histoire – ce qui permet le début d’une relation de confiance entre thérapeute et patient. Ainsi se dessinent les souvenirs traumatiques à traiter.

Au début de la séance, le patient fait le récit détaillé d’une scène, qui doit rester chargée d’émotion.
Un protocole précis est ensuite déroulé par le thérapeute. Sont alors recherchées la cognition négative (les phrases paralysantes et récurrentes que le patient a imprimées), et la cognition  positive (les phrases que le patient pourra prononcer une fois dégagé du traumatisme). Ceci me semble essentiel pour lui permettre de mettre en place un nouveau fonctionnement.
Commence alors le début de la désensibilisation par l’intermédiaire de stimulations bilatérales alternées, soit visuelles, soit tactiles, soit auditives.
Le mouvement des globes oculaires lors des stimulations visuelles rappellent le mouvements rapides des yeux (REM) de la phase de sommeil paradoxal, qui est le moment où ont lieu les rêves – les rêves étant des retraitements d’informations stockées précédemment.
Après chaque stimulation, le patient est invité à exprimer ce qu’il a visualisé mentalement, les liens qui ont pu se faire avec d’autres souvenirs (qu’il y aura peut-être lieu de traiter ultérieurement), ainsi que son ressenti physique.

Progressivement la charge émotionnelle s’affaiblit, la distance avec la scène de départ se crée. A la fin de la séance, les échelles de contrôle de l’état émotionnel permettent de décider pour la séance suivante soit un débriefing, soit de la nécessité de poursuivre ce travail avec l’EMDR.